Origine et histoire du Château de Viverols
Le château de Viverols, situé dans le Puy-de-Dôme, est l’un des plus importants vestiges de l’architecture militaire féodale de la région d’Ambert. Son histoire remonte potentiellement au XIe siècle, où une tour primitive aurait été édifiée par Jocob de Viverols, avant d’être détruite sous Louis XI. L’édifice actuel prend forme au XIIIe siècle sous Guillaume III de Baffie, dit le vieil, qui en fait une forteresse défensive durant les guerres du Forez. Ce conflit, déclenché par un litige successoral entre Guillaume et Guy IV de Forez, oppose les deux seigneurs pendant cinquante ans, mêlant alliances vassaliques et batailles intermittentes.
L’enceinte médiévale, flanquée de tours percées d’archères, protège un donjon en pierre, vestige probable d’une motte castrale primitive. Au XVIe siècle, les fronts est et ouest sont transformés en logis seigneuriaux, l’un dédié à la garnison, l’autre au seigneur, desservis par un escalier à vis monumental. Une échauguette et un pont-levis (dont subsistent les traces) complètent les défenses. Au XVIIe siècle, un pavillon d’entrée et un bâtiment flanqué d’une échauguette sont ajoutés. Un incendie ravage partiellement le logis à la fin du XIXe siècle, mais les propriétaires actuels œuvrent depuis 2019 à sa valorisation touristique, intégrant le château à la vie locale.
Le site est marqué par une légende locale, Les filles maudites de Pardon le Noir, liée à trois arbres (aujourd’hui disparus) surplombant une tour. La malédiction, jetée par une sorcière, aurait transformé les trois filles du seigneur en arbres immobiles, leurs plaintes résonnant encore les nuits d’été. Classé Monument Historique en 1926, le château se visite en été et conserve des éléments remarquables : archères du XIIIe siècle, cheminées Renaissance, un puits à armoiries, et une poterne médiévale. Son plan pentagonal, ses quatre tours et ses logis reflètent les évolutions architecturales entre Moyen Âge et époque moderne.
Architecturalement, le château illustre la transition entre la forteresse médiévale et la résidence seigneuriale. Le côté nord, le plus exposé, concentre les défenses (onze archères), tandis que les façades est et ouest, remaniées à la Renaissance, abritent des espaces de vie plus confortables. Le grand escalier à vis, aux nervures retombant sur un noyau central, témoigne du savoir-faire des artisans du XVIe siècle. La cour intérieure, organisée autour d’un puits armorié, révèle l’importance de l’eau et des symboles de pouvoir. Aujourd’hui, le château, propriété privée, participe au développement touristique de Viverols, offrant un panorama sur l’histoire militaire et sociale de l’Auvergne.